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‘’On ne distribue pas l’argent collecté suivant la notoriété des uns et des autres’’

Réponse du berger à la bergère ! A peine la conférence de presse de Mame Goor et Cie a été bouclée, que Lord Alajiman a décidé d’apporter une réponse, séance tenante, en sa qualité de membre du Conseil d’administration de la Sodav. Il est d’ailleurs l’un des représentants, au sein du Ca, de ceux qui donnaient une conférence de presse hier. Il est membre du Collège des auteurs et acteurs de musique.

Qu’est-ce qui vous a amené ici aujourd’hui ?

Je suis là pour la conférence de presse, parce que je n’aime pas qu’on me raconte les choses. J’étais là juste pour m’informer. A ma grande surprise, j’ai entendu beaucoup de choses se dire. Quand on ne sait pas que la Sodav n’existe pas depuis 5 ans, mais juste depuis 30 mois, je me dis qu’on n’a pas les bonnes informations. Avec une société qui a été construite sur la base d’une loi votée à l’Assemblée nationale, qui fonctionne par rapport à des textes et un règlement intérieur validés, avec des gestionnaires et commissaires aux comptes avec des contrôles de gestion, il est incroyable qu’on puisse traiter ceux qui s’occupent de sa gestion d’escrocs.

Je pense que la musique a un problème. Un problème qui découle du fait que certains acteurs n’ont toujours pas compris qu’il faut aller vers l’information. Aller vers l’information est une responsabilité, quand on pratique un métier. Il faut s’intéresser aux évolutions et aux avancements. Cela n’exclut pas l’obligation d’informer de la Sodav. Cela est inscrit dans les textes de la société. Quand elle doit faire des répartitions, il y a schéma à suivre. Cela ne se fait pas au hasard, ni n’importe comment.

Maintenant, quand quelqu’un n’est pas sur cet axe d’information et veut qu’on lui dépose cela sur son lit, ce n’est pas possible. Il faut lire les journaux, écouter les radios et regarder les chaines de télévision. Chaque répartition a été annoncée, au moins dans le quotidien national.

Est-il vrai que la Sodav doit de l’argent aux impôts ?

C’est une information que j’ai apprise aujourd’hui. Quand vous dites qu’une société doit de l’argent aux impôts, il faut, d’abord, comprendre ce qu’est une transition. On est passé du Bsda à la Sodav, qui hérite d’un passif. Nous avons effectivement trouvé une dette que le Bsda devait aux impôts. Nous avons pris contact avec les services compétents, dès que nous avons pris service, afin d’échanger sur cela et trouver les moyens de la payer. C’est ce que l’on a fait avec la Caisse de sécurité sociale et même les employés de l’ex-Bsda concernant leurs contrats et autres. Il y avait beaucoup de choses à faire et refaire afin qu’elles soient conformes aux statuts de la nouvelle société de gestion collective. C’était beaucoup de travail. Quand nous sommes arrivés, nous avons trouvé 42 millions dans nos comptes. Aujourd’hui, nous répartissons près d’une milliard, en 30 mois d’existence.

La Sodav marche ou elle ne marche pas ? Maintenant, quand on est un artiste et qu’on ne comprend pas les mécanismes, aujourd’hui, de diffusion de la musique, on ne pourrait comprendre certaines choses. Il y a des répartitions sur ce qu’on appelle la reproduction mécanique. C’est quand on fait des Cd ou des cassettes. Des droits sont payés pour cela. Il y a la diffusion qui concerne tout ce qui est utilisation du répertoire par les salles de spectacles, les médias, etc.

Il y a le droit numérique et d’autres droits. Maintenant, quand on fait une production musicale et qu’on ne fait pas de spectacle, comment peut-on prétendre à une rémunération sur l’exécution publique ? Quand on fait une musique qui n’est disponible chez aucun opérateur de télécommunication ou de plateforme numérique, comment peut-on revendiquer être rémunéré sur les droits numériques ? Il faudrait que les artistes, en amont, comprennent le business modèle de la musique, qu’ils travaillent en suivant ce qui se fait maintenant dans le monde en général. C’est cela la responsabilité et non pas accuser les gens d’escrocs.

Les artistes déplorent le fait que la Sodav prenne 8,9 % de leurs paiements. Pourquoi ces ponctions ?

Nous n’avons pas crée de pourcentage, encore moins l’exiger. On a hérité d’un mode de fonctionnement. Ce mode de fonctionnement, quand on est arrivé, on s’est battu bec et ongles pour l’améliorer. On a trouvé astronomique le salaire du directeur gérant, quand on est arrivé et on a bataillé ferme pour le réduire à 40, voire 45 %. Une société de gestion collective n’a pas le droit de faire des bénéfices. Il faut qu’elle vive de ce qu’elle collecte. Aujourd’hui, si on nous demande d’élargir l’assiette de collecte, il faut des moyens.

La Sodav n’est pas uniquement à Dakar. Elle existe dans les régions. Ces comités et commissions ad hoc qui sont dans les régions, notamment les représentants, il faut leur donner les moyens de collecter davantage. Tout n’est pas centralisé à Dakar et c’est de l’investissement, un engagement. Cet argent doit venir de la société. Cette dernière fonctionne aujourd’hui sur la base de procédures claires et qui n’ont jamais existé avant. Le Bsda n’a jamais produit d’états financiers. Aujourd’hui, la Sodav produit des documents comptables certifiés, homologués et distribués à tous les ayants droit. Avec ça, on nous demande encore quel type de transparence ou ce n’est pas suffisant ? On ne peut pas réinventer des choses qui n’existent pas dans les comptes.

Maintenant, techniquement, si un artiste a un problème pour percevoir ou qu’il juge que ce qu’il perçoit par rapport à ce qu’il pense devoir percevoir n’est pas, à mon avis, il est important d’écrire à la Sodav et de donner ses raisons. C’est cela la démocratie. Ils en ont le droit et on verra avec les techniciens parce qu’il faut comprendre que l’argent que collecte la Sodav, on ne le distribue pas suivant la notoriété des uns et des autres.

Non ! C’est suivant un travail de documentation. Quand on joue, il faut en apporter la preuve et non pas rester là à dire ‘’mako deff wala guissoma, ma siiw ci deuk bi’’. Non ! Ça ne fonctionne pas comme ça. Il n’y a aucune société au monde qui va vers les artistes pour collecter des informations quand ils jouent des concerts. Cela n’existe pas. J’ai fait plus 3 000 concerts dans ma carrière, je n’ai jamais vu une société de gestion venir dans mon concert collecter des informations. On est dans un régime de déclaration. C’est à l’artiste, à l’organisateur ou le manager en général de collecter les informations pour les déposer à la société de gestion pour justifier ce qui a été joué.

Maintenant, si des artistes refusent, prétendant que c’est à la société de le faire, là c’est un autre débat. Le rôle de la société de gestion collective est de collecter les droits des artistes et les répartir de manière équitable.

Bigué BOB (Enquête)

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