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HISTOIRE DU SENEGAL : Oumou Sy raconte Faidherbe, “le musulman”

Revoilà Oumou Sy. Après une bonne période d’hibernation, la première costumière en Afrique est en train de préparer du lourd. Au menu de sa prochaine prestation dont le contenu est dévoilé dans une interview avec le journal Le Temoin de ce week-end : un livre, un film-documentaire et, bien naturellement des créations. Il s’agit, confie-t-elle de restituer « une recherche de plus de trente ans »

Retracer une certaine histoire, refaire la réputation des Signares et la replacer dans le contexte africain de son époque. Telle est la nouvelle mission que s’est assignée cette « fille » de 68 ans qui estime que l’histoire africaine « n’est pas n’est pas racontée à nos enfants ». « Dès le départ, tout a été biaisé ; on nous parlait de nos ancêtres les Gaulois. Ensuite, on nous a enseignés les parcours de charlemagne, Faidherbe, Victor Hugo et tous ces blancs-là. On ne nous enseigne pas dans nos écoles les véritables raisons de l’exil d’Albouy, les motivations du Jihad de Maba Diakhou. On ne nous dit pas qu’avant de partir, Albouy avait empoisonné les marigots et lacs pour retarder ses poursuivants c’est à l’arrivée de Bouna Alboury que le Walo a pu étancher sa soif. Il faut que nos enfants soient bien imprégnés de tout cela », regrette-t-elle. Il faut alors corriger. Une correction qu’elle envisage de coucher sur du papier pour atteindre une très grande cible et laisser du solide à la postérité. Oumou Sy en effet, prépare un « livre d’art avec de très belles images ». « Ça doit être entre 300 et 500 pages. Il y aura des images et aussi des écrits. Mais les images vont dominer. Je ne fais pas un livre pour les intellectuels, mais surtout pour les illettrés et analphabètes comme moi. De ce fait, les images seront bien appréciées car il faut bien que l’on sache lire les images de manière approfondie. Encore une fois, je sors un vrai livre d’art », confie-t-elle. Ce support sera accompagné d’un film documentaire de 52 minutes avec beaucoup d’interviews.

En avant-goût, Oumou Sy a ébauché une partie de l’histoire très des Signares qui, à son avis, « avaient joué un rôle important dans notre histoire ».

« Certains même affirment qu’il s’était converti à l’Islam »

A entendre Oumou Sy, la Signare Cathy, la reine Ndatté Yalla et le père du président Senghor ont empêché la vente de nombreuses personnes. « Parce que c’est la Signare Cathy qui achetait une partie des esclaves qui arrivaient de la sous-région. L’autre partie était achetée par la reine Ndatté Yalla et le père de Senghor. Après les avoir achetés, ils les laissaient alors libres dans leurs maisons. A l’occasion, ils leur donnaient en mariage à des personnes de passage. C’est ainsi que le Sénégal est devenu un melting-pot des peuples et le métissage est très répandu chez nous », renseigne la styliste. Elle poursuit, « Il y a aussi le fait qu’il y a eu de nombreux livres qui ont été écrits sur les Signares, mais il y a très peu d’images. C’est pour combler ce gap que j’ai eu à reconstituer tous ces mulâtres et toutes ces Signares de partout pour faire un livre avec de très belles images. Nous allons également produire un film de cinquante-deux minutes qui va aborder l’histoire de ces Signares, des mulâtres et l’arrivée des colons. Le premier fort qui a été construit en Afrique est celui de Podor. Et moi, je suis née à Podor et c’est pourquoi j’ai tenu à parler à Aba Maal dans cette capsule. Faidherbe a habité à Podor avant que la Gouvernance de Saint Louis ne soit terminée. Et il avait une femme bambara qui s’appelait Dionkounda. Cela veut dire que Faidherbe s’était bien intégré et il allait dans les mariages et les baptêmes. Certains même affirment qu’il s’était converti à l’Islam. Mais sur ce point, les avis divergent car cela n’a pas été écrit. Peut-être que dans le livre, ce point sera éclairci. L’autre célèbre colon, William Ponty, qui a donné son nom à l’école et aussi à la rue, était basé à Sédhiou. C’est un disciple de mon grand-père Cherif Younouss qui était le marabout qui formulait des prières pour William Ponty et il lui a offert sa première femme qui était sénégalaise. Malheureusement, William Ponty n’a eu que des filles. C’est pour cela que le nom de Ponty n’a pas pu s’étendre ici. Voilà en résumé toute l’essence de cet intérêt pour les Signares que je retrace dans le livre et le film à venir ».

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